Trois entreprises du bassin Polepharma oeuvrent à la production d’un vaccin anti-covid

Trois entreprises du bassin Polepharma sont désormais à l’oeuvre dans l’aide à la production du vaccin anti-covid. 

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Les façonniers Delpharm en Eure et Loir et Recipharm en Indre et Loire seront les sous-traitants français uniques des laboratoires Pfizer-BioNtech et Moderna pour leur vaccin ARM contre le covid 19. Une vraie reconnaissance pour la filière pharmaceutique de la région Centre Val de Loire.

Recipharm réfléchit à un agrandissement de son site de Monts pour répondre à des futures pandémies après celle du covid 19. (Crédits : Reuters)

Les façonniers Delpharm en Eure et Loir et Recipharm en Indre et Loire seront les sous-traitants français uniques des laboratoires Pfizer-BioNtech et Moderna pour leur vaccin ARM contre le covid 19. Une vraie reconnaissance pour la filière pharmaceutique de la région Centre Val de Loire.

Si le planning de la prochaine campagne de vaccination contre le virus covid 19 reste incertain, les faiseurs sélectionnés en France par Pfizer-BioNtech et Moderna sont dans les starting-blocks. A Monts près de Tours, Recipharm a déjà pris les devants pour fabriquer le mRNA-1273 de Moderna, qui l’a retenu avec deux autres laboratoires, l’espagnol Rovi et l’américain Calatent, pour produire 160 millions de doses à destination de l’Europe.

Outre celui d’Indre-et-Loire, Le géant pharmaceutique suédois Recipharm (1 milliard d’euros de chiffre d’affaires et 7000 salariés dans le monde en 2019) opère trois autres sites dans l’Hexagone, à Pessac près de Bordeaux, à Dijon et à Kaysersberg en Alsace. Spécialisé dans les produits injectables, le site de Monts prévoit de recruter 60 nouveaux salariés pour répondre à la nouvelle demande. Ces postes viendront s’ajouter à l’effectif actuel de 250 personnes. « Les embauches concernent des opérateurs de production, des spécialistes qualité et des employés de maintenance, indique Jean-François Hilaire, vice-président exécutif de Recipharm. Toutes nos capacités disponibles seront mises à dispo*osition avec un passage de l’usine en 3 X 8 sept jours sur sept ».

L’objectif est de livrer les premiers lots de vaccins au premier trimestre 2021. Outre un premier investissement de deux millions d’euros pour augmenter les capacités de stockage à froid (le mRNA-1273 se conserve à -18°) et acheter de nouveaux containers pharmaceutiques, le groupe réfléchit à un agrandissement du site de Monts. En ligne de mire, le risque de multiplication des pandémies dans l’avenir.

Renforcement du premier cluster pharmaceutique européen

Les premiers lots de vaccin BNT162b2, conçu par Pfizer-BioNtech, sortiront quant à eux en avril des chaînes de fabrication du site de Saint-Rémy-sur Avre du laboratoire français Delpharm. La commande du tandem germano-américain porte sur plusieurs dizaines de millions de doses injectables. Seuls trois autres laboratoires, deux aux Etats unis et un en Allemagne, ont été agréés dans le monde par Pfizer-BioNtech pour fabriquer sa solution.

L’unité d’Eure-et-Loir, l’une des douze opérés par le groupe Delpharm dans l’Hexagone (800 millions d’euros de recettes et 4700 salariés au niveau mondial en 2019), sortira également renforcée grâce au nouveau contrat. Une cinquantaine de salariés en CDD sont d’une part en cours de recrutement. Ils porteront l’effectif du site à près de 300 personnes. Delpharm prévoit d’autre part d’investir pour adapter les infrastructures de son site à la demande. Comme ceux de Recipharm, ses dirigeants restent en revanche discrets sur les retombées économiques des méga-contrats récemment remportés. En cause, la méfiance accrue des Européens vis-à-vis des campagnes de vaccination, à mettre en regard des immenses profits du Big Pharma. Jean-François Moyrand, directeur industriel de Delpharm, se contente ainsi de mettre en avant « une opération très positive signifiant une vraie reconnaissance du savoir-faire du laboratoire ».

Cette confiance de Moderna et Pfizer-BioNtech atteste également du leadership européen de Polepharma, la filière pharmaceutique de la région Centre Val de Loire. Dans le contexte très médiatisé de la lutte contre le covid 19, la mise en avant de Recipharm et de Delpharm devrait encore renforcer cette première place du cluster basé à Chartres.

Propos recueillis par Guillaume Fisher

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En Normandie, Fareva assurera les opérations de fill&finish d’un vaccin ARNm

La CDMO Fareva, basée à Val-de-Reuil est la troisième entreprise à travailler au développement d’un vaccin anti-covid. Elle assurera les opérations de fill & finish d’un vaccin ARNm de la biotech allemande CureVac. Le groupe de Bernard Fraisse vient en effet de signer un accord avec CureVac pour le remplissage et le conditionnement de son candidat-vaccin, le CVnCoV.  Ce sont les usines Fareva de Val-de-Reuil (27) et d’Idron, près de Pau (64), qui effectueront ces missions. L’accord prévoirait plusieurs centaines de millions de doses vaccinales par an.

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