Rencontre avec Gaëlle Caplat, Responsable Assurance Qualité chez CELLforCURE by Seqens et membre du comité de programmation du Congrès Polepharma Biotesting les 10 et 11 juin 2026 à Évreux

Le Congrès Polepharma Biotesting, présidé par Arnaud Delobel, Directeur R&D et Innovation chez Quality Assistance, se déroulera les 10 et 11 juin au Palais des Congrès à Evreux

 « Venez vivre pleinement l’esprit du réseau Polepharma ! »

Les acteurs du développement et de la production des biomédicaments se réuniront les 10 et 11 juin 2026 au Palais des Congrès d’Évreux, en Normandie, pour la 7ᵉ édition du Congrès du Biotesting organisé par Polepharma.
Chaque année, cet événement de référence rassemble les experts du biotesting autour des enjeux scientifiques, technologiques et réglementaires qui accompagnent l’essor des biomédicaments.
Retour sur les temps forts de cette édition avec Gaëlle Caplat, Responsable Assurance Qualité chez CELLforCURE by Seqens et membre du comité de programmation.

 

 

 

Quelle est votre fonction et quel est votre engagement au sein de Polepharma ?

Je suis responsable Assurance Qualité sur le site CELLforCURE by Seqens aux Ulis, une CDMO entièrement dédiée à la fabrication de thérapies cellulaires et géniques, notamment les CAR-T cells.
Le site possède une expertise industrielle unique en France dans ce domaine, avec un laboratoire de contrôle qualité intégré : près de 800 m² dédiés au QC et plus de 90% des analyses réalisées en interne, ce qui permet d’assurer les plus hauts standards BPF pour nos clients.
Depuis son intégration au sein du groupe Seqens, le site renforce encore sa capacité à accompagner les projets de thérapies cellulaires et géniques, du développement jusqu’à la phase de commercialisation.
De mon côté, j’ai une vingtaine d’années d’expérience dans l’industrie pharmaceutique, notamment chez Sanofi et Novartis. Depuis 2022, je participe également au comité de programmation du Congrès du Biotesting de Polepharma. J’y suis arrivée grâce à un partenaire avec lequel je travaillais et j’y ai retrouvé plusieurs acteurs historiques du secteur, dont Marc Mechenin, directeur scientifique de Clean Cells, avec qui j’ai déjà eu l’occasion de collaborer à plusieurs reprises depuis 2006. Comme on le dit souvent dans ce milieu : le Biotesting est un petit monde !

 

Comment avez-vous préparé cette édition 2026 ?

En réalité, la préparation de l’édition 2026 a commencé… pendant l’édition 2025 ! Nous analysons les retours des participants, identifions de nouveaux sujets et mobilisons nos réseaux pour construire un programme toujours plus pertinent.
L’un des axes que nous avons souhaité renforcer cette année est l’ouverture vers l’hôpital. Dans les thérapies cellulaires et géniques, tout commence en effet par le prélèvement des cellules du patient. Cette étape, réalisée à l’hôpital, constitue le véritable point de départ du processus industriel. C’est pourquoi nous accueillerons notamment le Dr Miryam Mebarki de l’Unité de Thérapie Cellulaire, CIC Biothérapies, Inserm U976, de l’hôpital Saint-Louis, qui interviendra sur la qualité des cellules de départ et son impact sur la réussite de la fabrication des CAR-T cells.
Le congrès est justement conçu comme un lieu de partage entre industriels, services hospitaliers, prestataires analytiques et équipementiers. Ces échanges sont essentiels pour faire progresser les pratiques, notamment dans un domaine aussi exigeant que le biotesting.

 

À qui s’adresse le Congrès ?

Le Congrès Polepharma du Biotesting a vocation à rassembler l’ensemble de la chaîne de valeur du médicament : industriels, CDMO, prestataires analytiques, fournisseurs d’équipements, chercheurs académiques, experts qualité, mais aussi étudiants et jeunes talents.
Le biotesting est un domaine essentiel mais souvent peu visible. Pourtant, sans ces analyses, aucun médicament ne peut être libéré pour les patients.
Le congrès permet donc de croiser les expertises, de partager les retours d’expérience et de faire émerger de nouvelles solutions. Cette diversité se retrouve aussi dans le comité de programmation lui-même. Nous réunissons des profils issus de « big pharma », de CDMO, de prestataires analytiques, des entrepreneurs avec des expertises très variées : chimie, biologie, virologie… C’est aussi ce qui fait la force du réseau Polepharma : un écosystème très collaboratif où chacun contribue à faire progresser l’ensemble de la filière.

 

Quels sont les temps forts de l’édition 2026 ?

Le programme se distingue par la diversité des sujets et la qualité des intervenants.
Nous mettrons notamment en lumière certaines thématiques encore peu connues mais essentielles pour l’industrie. C’est le cas du CCIT (Container Closure Integrity Test), un test critique qui permet de vérifier l’intégrité du contenant final du médicament. Une entreprise viendra partager son retour d’expérience sur l’utilisation de ce test pour remplacer certains tests de stérilité et réduire la consommation de doses en étude de stabilité, un enjeu industriel majeur.
Le programme abordera également la transformation digitale des laboratoires, avec notamment l’intervention de Loïc Peron, Head of Corporate Analytical and Qualification-Validation Support chez Seqens, qui présentera le déploiement d’un LIMS (Laboratory Information Management System) développé sur mesure pour notre groupe et déployé sur tous les sites, afin d’améliorer la gestion et la traçabilité des données analytiques. Ce projet illustre les enjeux de validation des systèmes informatisés et de traçabilité des données analytiques, depuis la réalisation des analyses jusqu’à l’édition du certificat d’analyse.
Autre intervenant à souligner : Fouad Saighi, auteur de l’ouvrage intitulé « Les premiers pas de l’intelligence artificielle dans l’industrie Pharmaceutique », qui évoquera la sécurisation de la transformation digitale dans un contexte d’innovation accélérée.
Enfin, une table ronde sera consacrée aux compétences de demain, avec des représentants du monde académique, hospitalier et industriel, notamment Mina Benjelloun, pharmacien responsable AQ du CHU de Nantes, Paul Marsan, Key Account Manager de l’IFIS, Pascale Gonnet, membre du comité de programmation et maître de conférence à la Faculté de Rouen, et Jean-François Dierick, Strategic Analytical Validation & Lifecycle Lead for Analytical Research and Development chez GSK. Dans un contexte où la souveraineté industrielle est un sujet majeur, la formation et la transmission des savoir-faire, notamment sur des domaines très opérationnels comme l’assurance de stérilité, sont des leviers essentiels pour accompagner les évolutions du secteur.
Au final, le congrès se distingue cette année par un programme qui mixe innovation scientifique, transformation digitale et enjeux humains, avec des intervenants issus d’horizons complémentaires : industrie, hôpital, recherche et formation.

 

Innovation, IA et excellence opérationnelle sont au cœur du programme. Comment ces axes se traduisent-ils ?

Cette édition met un accent particulier sur l’automatisation et la digitalisation des laboratoires.
Ces technologies permettent de standardiser les opérations, d’améliorer la reproductibilité des analyses et de réduire les manipulations manuelles. L’objectif est d’obtenir des résultats plus rapidement tout en garantissant la sécurité des patients.
Plusieurs industriels partageront leurs retours d’expérience sur des méthodes analytiques alternatives permettant de combiner plusieurs étapes analytiques et d’accélérer les délais de libération.
Des entreprises majeures du secteur comme Eurofins Scientific, LFB, Waters Corporation, Thermo-Fisher Scientific ou Sanofi viendront présenter leurs initiatives.
Concernant l’intelligence artificielle, nous sommes encore dans une phase exploratoire. Les industriels attendent notamment l’application de l’Annexe 22 des Bonnes Pratiques de Fabrication, publiée en juillet 2025, qui encadre l’utilisation de l’IA. La proposition de texte est récente et de nombreuses questions restent ouvertes. Comme souvent dans ce domaine, les entreprises avancent avec prudence, en observant les premiers cas d’usage et les retours des autorités réglementaires avant d’aller plus loin…

 

Quelles thématiques vous semblent prioritaires pour le réseau Polepharma ?

La mission de Polepharma est de soutenir la croissance et la compétitivité de la filière pharmaceutique française.
Dans le contexte actuel, plusieurs priorités se dessinent : renforcer l’innovation, développer les compétences, améliorer la compétitivité industrielle et accompagner les transitions technologiques et environnementales.
Les événements comme le Congrès Polepharma du Biotesting jouent un rôle clé dans cette dynamique : ils permettent aux acteurs du secteur de partager leurs expériences, de se benchmarker et d’identifier de nouvelles pistes d’amélioration. L’idée est que chacun puisse repartir avec des pistes concrètes, s’approprier de nouvelles approches ou amorcer des projets dans sa propre organisation.
Cette dynamique d’échange nourrit l’amélioration continue et encourage aussi les entreprises à revenir partager leurs propres initiatives lors des éditions suivantes !

 

Quel est l’apport de CELLforCURE by Seqens dans ce Congrès ?

CELLforCURE by Seqens contribue au congrès à plusieurs niveaux. D’abord à travers la mobilisation de son réseau : plusieurs intervenants de cette édition 2026 ont été sollicités par mon intermédiaire, comme le Dr Miryam Mebarki, Fouad Saighi ou encore Loïc Peron. C’est aussi l’esprit du congrès : chacun apporte son réseau et son expertise pour enrichir collectivement le programme.
Au-delà de cette contribution au contenu scientifique, CELLforCURE by Seqens apporte également son expérience industrielle dans la fabrication de thérapies cellulaires. Le site dispose en effet d’un savoir-faire unique en France, notamment pour la production de CAR-T cells, puisqu’il a été historiquement le site de fabrication français lorsqu’il appartenait à Novartis. Cette expérience nourrit naturellement les échanges autour des enjeux de production, de contrôle et d’innovation dans ces thérapies innovantes.

 

Quels sont aujourd’hui les axes d’innovation les plus prometteurs ?

L’un des axes majeurs d’innovation concerne les méthodes rapides de test de stérilité et le développement d’outils de PAT (Process Analytical Technology) en ligne.
Dans les thérapies cellulaires, le défi est particulièrement important : certaines méthodes réglementaires peuvent nécessiter jusqu’à 14 jours d’analyse, alors que les traitements doivent parfois être administrés au patient en quelques heures
L’innovation analytique vise donc à réduire ces délais tout en garantissant un niveau de sécurité maximal. Chez CELLforCURE for Seqens, nous travaillons notamment avec des partenaires technologiques du réseau Polepharma, comme BioMérieux, pour avancer sur ces solutions.

 

Quels sont les grands défis pour les laboratoires et les CDMO ?

Les enjeux sont multiples : réduire les délais de libération des lots, maîtriser les coûts, sécuriser les chaînes d’approvisionnement, développer les compétences et intégrer les nouvelles exigences réglementaires, comme de l’Annexe 22 des Bonnes Pratiques de Fabrication.
Mais, au-delà de ces défis, la question centrale reste celle de la compétitivité. Dans un contexte de concurrence internationale très forte, les laboratoires et leurs partenaires CDMOs doivent continuer à gagner en efficacité, en agilité et en capacité d’innovation pour rester attractifs et maintenir une production pharmaceutique forte en France et en Europe.

 

En quoi le biotesting sera-t-il stratégique dans les années à venir ?

Avec l’essor des thérapies cellulaires et géniques, le biotesting devient un maillon encore plus critique. La France dispose d’un excellent positionnement scientifique, avec des acteurs majeurs comme le Généthon. Cependant, l’industrialisation de ces innovations reste un défi. De nombreuses start-up et biotechs peinent encore à franchir certaines étapes critiques, comme la preuve de concept ou le lancement d’études cliniques, faute de financements suffisants. Par ailleurs, les thérapies cellulaires et géniques s’adressent souvent à des populations de patients très spécifiques, notamment dans le domaine des maladies rares, ce qui peut limiter leur attractivité économique pour les grands industriels.
Le développement de ces thérapies nécessite donc à la fois des investissements industriels et un soutien stratégique pour transformer ces innovations scientifiques en solutions thérapeutiques accessibles aux patients.

 

Pour conclure, un message aux participants ?

J’encourage vivement tous les acteurs de la filière pharmaceutique à participer au congrès.
Le biotesting intervient à toutes les étapes du développement du médicament, de la recherche à la production. L’analytique ne doit pas être perçue uniquement comme un outil de libération des lots, mais aussi comme un levier stratégique pour suivre et améliorer le développement des produits et des procédés. Comprendre ces enjeux est essentiel pour accompagner l’évolution de notre industrie.
Et c’est aussi l’occasion de vivre pleinement l’esprit du réseau Polepharma : un espace d’échanges ouverts, de partage d’expérience et de collaboration entre professionnels.
C’est cette dynamique collective qui permet de faire progresser la filière… et qui rend ce congrès aussi riche sur le plan scientifique et humain.

 

Propos recueillis par Marion Baschet Vernet

 

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Contact :
Barbara Jacques - Responsable Réseau Lyon Rhône-Alpes - En charge du programme Biotesting

barbara.jacques@polepharma.com