Rencontre avec Arnaud Delobel, Directeur R&D et Innovation chez Quality Assistance, et Président du Congrès Polepharma Biotesting les 10 et 11 juin à Evreux

Le Congrès Polepharma Biotesting, présidé par Arnaud Delobel, Directeur R&D et Innovation chez Quality Assistance, se déroulera les 10 et 11 juin au Palais des Congrès à Evreux

« Réinventer le Biotesting grâce à l’IA »

Les 10 et 11 juin 2026, la 7ᵉ édition du Congrès Polepharma du Biotesting réunira plus de 180 experts de la recherche clinique, académique, des startups, biotechs et industriels pharmaceutiques. Au cœur de cette édition : l’impact déterminant de l’intelligence artificielle sur le Biotesting. Un thème stratégique porté par Arnaud Delobel, Directeur R&D et Innovation chez Quality Assistance, qui présidera cette édition placée sous le signe de l’innovation, des nouvelles technologies et du renforcement des partenariats européens.

 

 

Vous êtes un fidèle du Congrès Polepharma du Biotesting. Qu’est-ce qui vous a poussé à le présider cette année ?

Je participe depuis six ans au comité de programmation. Pour moi, cette présidence est une évolution naturelle. Mon assiduité au sein du réseau Polepharma et mon expérience chez Quality Assistance m’ont permis de prendre de la hauteur sur les enjeux du Biotesting et de ses évolutions.
Je travaille comme Directeur R&D et Innovation pour une CRO (Contract Research Organization), Quality Assistance, dont les services analytiques (CMC, bioanalyse) sont à 100% dédiés aux sociétés pharma et biopharma. Nous couvrons tous les types de produits, avec un focus sur les produits innovants, des anticorps monoclonaux jusqu’aux thérapies cellulaires et géniques. Cela met en lumière le rôle déterminant des partenariats entre l’ensemble des acteurs pour accélérer le développement clinique et faire arriver l’innovation plus vite aux patients. C’est totalement en phase avec les valeurs de Polepharma.
Et puis, c’est la première fois qu’une société belge préside ce congrès. Pour moi, c’est un signal fort : ouvrir davantage l’événement à l’ensemble de l’espace francophone, et notamment la Belgique et la Suisse, et lui donner une véritable dimension européenne, à un moment où l’Europe doit renforcer son attractivité face aux États-Unis.

 

Avec qui travaillez-vous pour préparer cette nouvelle édition ?

La préparation repose sur un comité de programmation volontairement pluridisciplinaire rassemblant big pharmas, biotechs, prestataires, CROs, CDMOs et fournisseurs de services. Nous couvrons ainsi tous les maillons de la chaîne du biotesting : support à la bioproduction, contrôle analytique, validation, biosécurité, libération de lots…
Notre noyau dur s’appuie sur des membres fidèles de Polepharma, tels qu’Olivier Maurion (Yposkesi, SK Pharmteco), Marc Mechenin (Clean Cells) et Pascale Gonnet (Sanofi), qui ont déjà présidé le Congrès Polepharma du Biotesting, ainsi que Gaëlle Caplat (CellforCure by Seqens). Nous accueillons également de nouvelles voix, comme Alexandre Seifert (LFB) ou Mickaël Hybois (Waters), afin de renouveler les perspectives et enrichir les échanges.
Cette diversité d’experts et d’entreprises nous permet d’avancer ensemble, année après année, en conservant un fil rouge cohérent tout en restant au plus près des évolutions du secteur.

 

Que peut-on déjà annoncer sur cette 7ᵉ édition ?

Nous avons défini une thématique forte : “Réinventer le Biotesting : innovation, IA et excellence au cœur de la transformation.” Le Biotesting évolue très vite et l’IA connaît une accélération incroyable depuis deux ans. Toutes les sociétés s’y intéressent, et les applications concrètes commencent réellement à transformer notre manière de travailler.
Chez Quality Assistance, nous mettons en place des groupes de travail dédiés pour améliorer nos process, soutenir nos méthodes analytiques et exploiter les masses de données générées chaque jour. Aujourd’hui, ces données sont encore sous-exploitées, alors qu’elles représentent un potentiel énorme : gains de productivité, simplification des processus et surtout création de valeur pour nos clients.

 

Comment allez-vous décliner ce thème autour de l’IA pendant ces deux jours de congrès ?

Nous avons structuré le programme autour de quatre grandes sessions :

  • La stratégie analytique au service du développement de produit : attributs critiques (CQA), études de dégradation forcée, développabilité, innovation scientifique, Analytical Quality By Design (AQbD).
  • L’innovation appliquée à l’analyse : méthodes alternatives et innovantes, avec un focus sur les technologies émergentes (AlphaLISA, photométrie de masse, etc.).
  • La biosécurité du produit : extractibles & relargables, Container Closure Integrity Testing (CCIT), validation de nettoyage.
  • Intelligence analytique & IA appliquée : automatisation, contrôle en temps réel (PAT), cybersécurité, zoom sur le logiciel Alphafold pour la prédiction de structures 3D de protéines et digitalisation des laboratoires, en continuité avec l’édition précédente.

L’objectif est de montrer comment l’IA transforme déjà nos métiers, tout en mettant en évidence ses limites et les défis qu’elle soulève, notamment en matière de confidentialité et de sécurité des données.

 

Quelle est l’ambition de cette édition 2026 ?

Nous voulons davantage ouvrir le congrès à de nouveaux intervenants, de nouvelles expertises, et particulièrement autour de l’IA. Nous conservons le format convivial qui fait notre succès : quatre conférences par session, suivies d’une table ronde animée par un ou une journaliste. Nous préparons aussi une conférence premium consacrée aux tests sur cellules CAR-T, ainsi qu’une table ronde sur l’évolution des métiers et des compétences dans le biotesting et la bioproduction. Et bien-sûr, nous maintenons les ateliers techniques du midi, ainsi que de larges moments de networking, qui sont des piliers essentiels de cet événement.

 

En quoi le programme reflète-t-il les évolutions du secteur ?

L’IA est un tournant majeur, mais elle n’est pas la seule force à l’œuvre. Le secteur évolue également sous l’effet des nouvelles exigences réglementaires en biosécurité, des technologies émergentes, notamment pour les thérapies géniques et cellulaires, et des avancées scientifiques issues des laboratoires académiques. Le tout dans un contexte géopolitique qui fragilise l’attractivité européenne.
Dans ce cadre, le biotesting joue un rôle déterminant : une méthode de contrôle analytique insuffisamment performante peut retarder de plusieurs mois, voire d’une année, l’arrivée d’un médicament sur le marché. Le congrès mettra en lumière cet enjeu stratégique dès les premières étapes de développement.
L’avenir reposera sur notre capacité à innover, à optimiser nos processus grâce à l’IA et à renforcer les compétences nécessaires pour mener à bien les projets.

 

Qu’est-ce qui fera la réussite de cette édition ?

La réussite dépendra de notre capacité à attirer un public large, à sensibiliser aux innovations, à encourager des échanges riches et à faire évoluer les pratiques. Je souhaite que ce congrès devienne un véritable catalyseur pour le secteur : un moment de partage, de progression et de construction collective entre industriels, académiques et fournisseurs.

Cette dynamique s’inscrit pleinement dans les enjeux de souveraineté sanitaire et industrielle, en France comme en Europe. Valoriser des initiatives concrètes, renforcer la soutenabilité économique de nos systèmes de santé, innover et produire localement : ce sont des conditions clés de résilience et de sécurité nationale.

 

Quel rôle reconnaissez-vous à Polepharma dans cette dynamique ?

Quality Assistance collabore depuis longtemps étroitement avec Polepharma. Nous participons au comité du Congrès Polepharma du Biotesting, mais aussi au Congrès France Bioproduction, coorganisé avec Medicen, et qui célébrera, les 15 et 16 avril 2026 au Palais des Congrès de Tours, dix années d’échanges, d’innovations et de coopération autour d’une ambition commune : faire de la France un leader mondial de la bioproduction.
L’année dernière, nous sommes également intervenus sur le sujet des vecteurs viraux à Forum LABO Lyon, sous le pavillon Polepharma, aux côtés d’Yposkesi, GenSensor et de l’Université de Nantes, pour mettre en lumière la chaîne complète de développement, du laboratoire académique jusqu’à la mise sur le marché. Cette intervention a ensuite été déclinée en webinaire pour les adhérents, illustrant parfaitement l’esprit de collaboration et de diffusion des connaissances porté par Polepharma.
À cela s’ajoutent les nombreuses soirées réseau organisées au plus près des territoires : Dreux, Chartres, Tours, Lyon, Bordeaux… Polepharma joue un rôle essentiel de fédérateur : il rassemble, met en relation et crée de la valeur pour l’ensemble de la filière, au service de la santé publique et de la réindustrialisation française et européenne.

 

Un mot de conclusion ?

Mon ambition est simple : que cette 7ème édition du Congrès Polepharma du Biotesting colle aux préoccupations du secteur, qu’elle s’ouvre à de nouveaux participants et qu’elle affirme sa dimension européenne. Le Biotesting évolue vite, et nous devons évoluer avec lui !

 

Propos recueillis par Marion Baschet Vernet

 

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Contact :
Barbara Jacques - Responsable Réseau Lyon Rhône-Alpes - En charge du programme Biotesting

barbara.jacques@polepharma.com